Friday, December 15, 2006

Les Montagnes Sauvages de Tasmanie

(21/12/2006-07/02/2007)

La région sauvage de la Tasmanie, patrimoine mondiale
L'état sauvage de la Tasmanie est une zone de ce monde extrêmement fragile et il faut la protéger. La région a obtenu le plus critères jamais reçus pour devenir patrimoine mondiale de l'UNESCO. Y faire du trekking c'est se retrouver entouré d'une nature vierge de toute présence humaine.

Le projet.
Traverser la région sauvage de la Tasmanie en partant du Nord de la vallée de Cradle et rejoindre la côte Sud à Cockle creek. En route gravir 15 sommets obligatoires et un maximum d'autres sommets d'une liste d'au moins 30 sommets des régions traversées. L'aventure est solo et sans support (sans ravitaillement, sans achat de matériel et transportant mes déchets)

Les 15 sommets à gravir: Cradle, Barn Bluff, West Pelion, Ossa, Gould, Olympus, Rufus, King William 1+2+3, Anne, Hesperus, Orion, Federation Peak and La Perouse. Les sommets facultatifs: Achilles, Thetis, Massif, Hyperion, Eros, Geryon North, Minotaur, Byron, Hugel, Wright, the Thumbs, Mueller, Bowes, Eliza, Lot, Sarah Jane, Hayes, Pegasus, Capricorn, Columbus, Taurus, Aldebaran, Scorpio, Phoenix, West Portal, Bobs, Precipitous Bluff et Pindars peak.

La préparation
Ma route de départ est la ligne jaune, qui est optimisée pour accéder aux 15 sommets des montagnes. Cette route relie des chemins de randonnées officielles avec de la forêt dense et quasi impénétrable. Plusieurs randonneurs chevronnés pour la Tasmanie m’ont aidé à définir cette route et les options pour s’échapper en cas de blessure. I faut traverser certaines rivières à la nage ou à gué. Il est interdit de faire du feu, de chasser et de cueillir des plantes dans le patrimoine mondial, il faut donc transporter tous ses vivres depuis le départ. J’estime avoir besoin de 40 jours ; ce que représente aussi le maximum de volume et de poids que je puisse transporter.

Durant les deux semaines qui précèdent le départ, je grossi en mangeant du beurre pur et du beurre de cacahouètes, frites… Je vais probablement perdre entre 5 et 15 kg.

Bref carnet d'aventure - Téléchargez ici fichier Excel

Il n’est pas évident de résumer 49 jours passée dans une forêt sauvage. Je vous donne plutôt quelques conclusions sur ce périple. Sur mon blog vous trouverez plus de détails (uniquement en Anglais) et des photos panoramiques. Ces photos représentent le pourquoi des lieux que j’aime découvrir, une beauté pour les yeux qui surpasse toute souffrance mentale et physique du corps, la faim, le froid et la solitude.

Je suis parti avec 49 kg dans mon sac à dos (vivres, équipement) et j’ai probablement fait la plus longue marche sans ravitaillement en Tasmanie.


Le 21-01-2007, je me réveille avec un mollet gonflé. Les nuages sont gros, la brume m’encercle et il pleut averse. Je suis pourtant si près de Federation peak. Je ne sors pas de la tente de toute la journée. Le jour suivant, le soleil s’est montré modestement et j’ai su gravir ce fameux sommet. Il me resta seulement 1 sommet de ma liste, le mont La Pérouse. Pour l’atteindre, il faut descendre de la chaîne des Eastern Arthurs; trouver le lac Sydney et le chemin menant au mont Bobs. A partir de la j’entre dans la dernière partie hors sentir la plus difficile de l’île.

Le mollet resta gonfle pendant les 3 dernières semaines du périple. Cela m’a ralenti et j’ai décidé d’abandonner l’ascension de La Pérouse. J’ai préfère penser à m’échapper et à sauver ma vie au plus vite (les vivres me manquent) en suivant la rivière Salisbury, puis la rivière New Lagoon vers la côte sud. L’humidité a eu raison de mon GPS. Si je ne suivais pas le cours d’eau, je me serai certainement perdu et j’aurai péri. Lorsque j’ai atteint le chemin du South coast, cette randonnée que j’avais parcourue en 2004, je savais que je vivrai. A peine avoir rencontré les premiers humains depuis 13 jours, je fondis en larmes car l’émotion me rendait sans voix. J’ai terminé à Cockle creek et 36 heures plus tard je quittais la Tasmanie pour Sydney et j’atterrissais en Belgique 3 jours plus tard. J’avais perdu 10 kg de ma masse corporelle.


J’étais chanceux et heureux d’être vivant. L’infection au mollet était le début de la maladie du pied des tranchées. En Tasmanie, on ne peut battre l’humidité, la boue en hors-piste. J’étais fier finalement d’avoir eu le courage de prendre la sage décision de ne pas foncer vers le dernier sommet. Je crois que c’est une preuve de maturité de faire ce genre de choix lorsque notre vie est en jeu. Pour guérir de la maladie du pied des tranchées, je me suis gave de 16 pilules pendant 2 mois et la sensation perdue dans mes orteils est revenu à son état quasi originel après 1 an.

Mon carnet d’aventure est riche de 40 pages et j’espère trouver le temps d’écrire un bouquin lorsque je trouverai du temps. Si le récit complet vous intéresse, merci de m’en faire part en m’envoyant un petit mot pour m’encourager à commencer.


Aux personnes du newsgroup de bushwalking Australien qui m'ont aidé à préparer l'aventure. Merci spécial à Chris Bray, Roger Caffin, John Chapman, Roger Chao et les rangers de Tasmanie.

Sponsors
Ce magasin d'équipement à Sydney m'a conseillé en repas lyophilisés et équipement. Le gérant m'a prêté son GPS.

EPIRBhire m'a prêté une PLB (balise de détresse personnelle) pour être retrouvé en cas d'accident. 

Site web des repas lyophilisés. Léger et peu encombrant.

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