Wednesday, October 18, 2006

Back from Adventures


FRA:
Parti le 01/09/2006 vers Alice Springs,je suis revenu a Sydney le 14/10.
Qu'ai-je fait pendant ce temps la?
Du 04/09 au 15/09 j'ai marche dans la partie la plus montagneuse de l'Outback Australien. J'ai parcouru environ 330 km seul et sans assistance et gravi les Montagnes suivantes au passage:
* Zeil 1531m
* Razorback 1274m
* Sonder 1380m
* Giles 1389m
Petit passage dans le journal locale d'Alice Springs, repos et assister a la regatte Henley on Todd. Cette regatte se fait dans le lit d'une riviere assechee, on y a enleve le fond des bateaux, kayaks, baignoire, avirons... et cela se transforme en course a pied populaire. Drole!
Vol suivant vers Cairns, ou je me fait enfin un didjeridoo avec un aborigene. Je suis descendu jusque Sydney en autostop et au passage:
* Entrainement a la rando sur l'ile de Hinchinbrook,32km.
* croisiere de 3 jours sur le Whitsundays
* rando des Whitsundays
et la 2eme aventure ou j'ai traverse du sud au nord la plus grande ile de sable au monde (01->10/10/2006). Un gigantesque banc de sable nomme Ile de Fraser. En tres grande partie couvert de jungle et de lacs d'eau douce. Je m'y suis aventure sur 250 km dont 3 jours en pleine jungle ou parait-il personne ne sait ballade seul en 30 ans. J'ai laisse pousse la barbe...

ENG:I flew from from Sydney to Alice Springs on the 01/09/2006 and just came back 3 days ago. What have I done in 6 weeks?
From 04/09 to 15/09 I walked in the most mountaineous part of the Australian outback.
I walked about 330km solo and unassisted, climbing the following Mountains:
* Zeil 1531m
* Razorback 1274m
* Sonder 1380m
* Giles 1389m
I had a small article in Alice Springs' newspaper, and the day after finishing the adventure, rested and enjoyed the Henley on Todd dry regatta. It's a lot of fun to see the bottomless boats and people running with it.
I flew to Cairns, made a didgeridoo with an aboriginal, went for a walk on Hinchinbrook Island.
Actually I hitch hiked all the way from Cairns to Sydney, with a few stops:
* Walked the Thorsborne trail on Hinchinbrook Island.
* Whitsundays to do a 3 day sailing cruise, and the whitsundays great walk.
I went then to my second adventure(01->10/10/2006): the crossing of Fraser Island from South to North.
It's the biggest sand island on earth, a lot of sand covered by vegetation and fresh water lakes. I covered 250km and was apparently one of the first in decades to walk 3 day in the most northern tip of the island where it's a thick jungle.
And yes I have a 6 weeks beard

Monday, October 09, 2006

La Grande île de Sable

01-09/10/2006
Le projet.
Le plus grand banc de sable au monde est une île nommée Fraser. Le meilleur moyen d’en voir ses splendeurs est de parcourir une grande randonnée que les australiens appellent « Great Walk ». (Voir carte, de Dili Village à Happy Valley). En Mai 2005, j'avais voulu l’arpenter. A Brisbane, je passais au bureau des rangers pour prendre les renseignements nécessaires. Avec une grande gentillesse, on m'expliqua qu'il était interdit (vivement déconseillé en fait) de marcher seul sur ce géant banc de sable. Les dingos, ces chiens sauvages ressemblants à un croisement entre un loup et un labrador, y sont de la lignée la plus pure et extrêmement dangereux. Ils s'en prennent occasionnellement aux humains. La dernière attaque mortelle remontant au mois d’Avril 2001. Je tentais d'expliquer que j'étais très entraîné et que je ferai attention. En vain, après une discussion de 20 minutes avec les rangers et un appel au ranger principal de l'île, j'abandonnai finalement cette randonnée pour aller pratiquer une activité moins risquée: 5 jours de plongée sur la grande barrière de corail avec comme attraction principale se retrouver au milieu de 40 requins de taille moyenne.

En Novembre 2005, je décide de retourner en Australie et de mettre mon esprit aventureux loin des conseils trop sécurisants des rangers. Cette fois, je veux traverser l'entièreté de l'île selon son axe Sud-Nord. Projet aventureux car je tenterai de le faire de manière autonome (seul, sans assistance et sans ravitaillement) tout en visitant tous les plus beaux joyaux de l'île. Pas d’énorme difficulté au programme mais quelques dangers potentiels à surveiller. Les fameux dingos tout d’abord, les serpents et trouver de l'eau dans la région au Nord de Orchid Beach. Cette région constitue la plus grande difficulté puisqu'elle est non visitée sauf par les 4*4 qui roulent sur la plage jusqu'au phare.

Fraser, la plus grande île (banc) de sable au monde
L’île fait à vol d'oiseau 123 km de long sur 40 km dans sa plus grande largeur. La majeure partie de la superficie est recouverte d'une végétation dense et parfois impénétrable. L'attrait de Fraser ce sont ses lacs d'eau douce et ses sables de couleurs diverses que l'on trouve aux abords de "sandblows", sorte d'étendues de dunes ou la végétation n'a pas pu prendre racine. Une plage interminable à l’Est sert d’autoroute aux 4*4. Malgré une largeur de plage de 3 (à marée basse) à 40 m, certains véhicules arrivent à s'accidenter !

La préparation.
L'attaque mortelle de 2001 avait été sur un enfant de 8 ans par 2 dingos. Après recherches et lecture de documents traitant sur le comportement du dingo, etc. Voici ce que j'ai pu conclure:
  • Ils sont 300 sur une île d'environ 1500 km2 - Un adulte qui se ferait attaquer par plusieurs chiens combatifs est peu probable (il en faudrait de la chance!).
  • Je suis conscient du danger et je peux me défendre: 2 bâtons de marche avec pointe et je garde un piquet de tente en poche comme poignard.
  • J’applique les consignes: ne pas les nourrir, ne pas se rapprocher, faire face, ne pas les provoquer et se défendre agressivement en cas d’attaque.
La carte HEMA au 1:130.000 est amplement suffisante puisque la randonnée est balisée. Longer la plage est un jeu d'enfant, ou plutôt d'adulte car il faut choisir le sillon de sable (traces de 4*4) permettant une avance rapide.

Bref carnet d'aventure - Téléchargez ici fichier Excel
Je quitte mon logement et part en autostop. Une heure plus tard j'arrive à Inskip point. J'attrape la barge qui me dépose au Sud de l'île. Chargé de 20 kg, j'entame mon ascension vers le Nord sur une piste désaffectée. Je suis surpris par la facilité de la marche dans un sable assez compact et recouvert parfois de végétation en décomposition. Comme d'habitude, marcher seul me permet de voir de nombreux animaux notamment des goannas de minimum 80 cm de long. Arrivé au camping de Dili Village, je commence la Great Walk. J'atteins comme prévu le premier lac, celui du Boomanjin. Le lendemain, j'assiste au lever du soleil en miroir dans le lac. Spectacle de couleurs que je déguste avec mon appareil photo.


Sans entrer dans les détails, les jours qui suivent sur la Great Walk se ressemblent : marche facile en tenant une moyenne de 30km par jour et discussions le soir avec les compagnons randonneurs. On échange nos expériences et ils m’encouragent en me demandant de leur écrire si j’atteins mon objectif. Un soir, en arrivant la nuit tombée à la vallée des géants, j'interromps un groupe de touristes terminant leur dessert. Ils me proposent les restes de leur riz au curry Indien. Je leur explique mon aventure sans assistance qui m’oblige à refuser. J’accepte de manger ma ration à leur table et ils s’amusent à tenter de me faire craquer avec leur dessert. Je me nourris par contre de leurs encouragements et sourires.

Une fois le Great Walk terminé, il ne me reste plus qu’à suivre l’autoroute de sable. J’y croise 4*4, bus et avions. Je suscite parfois la curiosité des conducteurs qui ralentissent à ma hauteur pour me proposer de me déposer plus loin. Je refuse chaque invitation ! Je fais un signe du doigt à chaque véhicule qui me croise, geste que les Australiens me renvoient avec plaisir. Cette pratique est très courante dans le pays lorsqu'on est isolé. Il signifie « bonjour, je vais bien.»


Lors de diverses rencontres avec des aborigènes du Queensland, on m’avait mis en garde de malédictions touchant ceux qui iraient se baigner dans les lacs sacrés de la partie Nord de Fraser. Au camping aborigène de Dundubara, je questionne la propriétaire concernant ces mises en garde. Elle m'explique que seuls les aborigènes ne peuvent pas se baigner dans ces lacs sacrés et me félicite d'être un blanc différent des autres car je visite leur royaume à pied. Je lui promets de ne pas me baigner pour respecter le plus fidèlement possible leurs traditions. Je suis finalement invité à suivre un enfant qui me guide sur un chemin aborigène privé me ramenant vers la plage.

C'est à Indian Head, un des seuls rochers de l'île, que je fais ma plus longue pause. La vue y est incroyable. Jonction entre 2 couleurs d'Océans, ce mirador permet l'observation des baleines, dauphins, requins, tortues et raies. J’y assiste ébahi à un événement inimaginable: une raie Manta prend appui dans une vague pour effectuer un vol plané hors de l'eau. Je comprends alors son surnom de démon des mers donné par les premiers grands navigateurs qui furent témoin d'un tel phénomène.


A Orchid beach, je laisse mon nom et numéro de portable à Don le gérant du magasin d'alimentation. Je souhaite terminer ma route vers le Nord par l'intérieur des terres en suivant une route observée sur image satellite. Don m'avoue qu'il existe bien une route, utilisée jadis par l'armée, mais celle-ci est fermée depuis 20 ou 30 ans. La nature y a certainement repris ses droits. J’estime que parcourir ces derniers kms en considérant que je trouve des restes de cette route ne me prendront non pas 1 jour mais 2 jours de marche. Je débute la recherche de la piste oubliée autour du lac Océan. Un touriste australien qui y vient depuis des décades n'a jamais entendu parler d'une route pour rejoindre le phare par les terres. Je pars à la boussole… Grande découverte: les premiers vestiges de la route sont derrière les toilettes du lac. Celles-ci bloquent son accès.

Je suis la route abandonnée et progresse lentement car comme attendu, tout est quasi envahi par les arbres et les plantes. Je tente de me positionner sur la carte afin de trouver de l'eau (un lac donc). Je monte dans les arbres en haut des collines. Malheureusement, je découvre que la plupart des lacs sont asséchés ce qui ne fait que compliquer la tâche. Je dois me résoudre à boire avec parcimonie. Un avantage cependant : je peux traverser les lacs facilement sur une croûte dure et dégagée.


Certains endroits sont de vraies jungles où il me faut passer au-dessus de buissons entrelacés de lianes. Sans machette, je n’ai que deux possibilités pour avancer : passer à travers ou par-dessus. Je marche donc sur les buissons à 50cm du sol ou alors je fais de la boxe thaïe avec mes tibias pour me dégager une voie. Rapidement, la peau s'en va et mes tibias saignent. Après 3 jours de jungle et de douleurs, l’eau et les vivres me manquent, c'est la rage qui me permet d'avancer car je suis près de la fin.

J'abats les derniers kms et le retour à la plage est signe de délivrance. Léger, je rejoins le phare et le cap Nord de l'île. La récompense après tant d’efforts est de pouvoir enfin accepter de monter dans un 4*4 pour rentrer en stop. La sensation de terminer ce projet en devenant probablement le premier à photographier tous ces endroits presque inexplorés me comble de bonheur. Trois jours se sont passés, Don s'inquiétait et m'offre une bière fraîche. Au loin, on entend des touristes discuter d'un gars qu'ils ont vu marcher seul sur l'île.

The Great Sand Island

01-09/10/2006
The project.
The biggest sandbar on earth is an island called Fraser. The best way to see its beauties is to walk on a Great Walk. (See map from Dili Village to Happy Valley), which I wanted in May 2005. In Brisbane, I went to the Parks and Wild Life office to ask the rangers about the usual track information. They gently said it was forbidden (actually highly discouraged) to walk alone on the giant sandbar. The island's dingoes, these wild dogs that are a crossbreed between a wolf and a Labrador, are full-blood and are extremely dangerous. They occasionally attack humans and there was a fatality in April 2001. I tried to explain I was trained and that I was going to be careful. In vain, after a 20 minutes talk with the local rangers and a phone call to the head ranger on the island, I quit the idea of this Great Walk to go for a less dangerous activity: 5 days on a live-aboard on the outer Great Barrier Reef with the main attraction being diving amongst 40 mid-sized sharks.

In 2006, I decided to come back to Australia with my adventurous spirit far from the too safe advices of the rangers. This time I want to walk across the entire length of the island from South to North. This is an adventurous project as I will go unsupported (alone, no external help and no food drops) while passing through the most beautiful gems of the island. This should be quite easy. The main dangers are the dingoes, snakes and not to find water in the remote Northern part of the North of Orchid beach. This area is the most difficult part as it's only visited on the coast by 4WD driving to the lighthouse.

Fraser, the world's biggest sand island.
Fraser Island is 123 km long and 40 km at its maximum width. Fauna and flora are diverse and settled on the sand island. Dense and very impenetrable vegetation is present almost everywhere on the sand surface. The main attractions of Fraser are its perched fresh water lakes and coloured sands often seen near sandblows. An unending beach on the East coast is as highway for 4WDs. Even if the width of the beach is 3 (low tide) to 40m, accidents happen.


The preparation.
The fatal attack by two dingoes happened on an 8 year old boy. After reading a dozen documents on the dingo's behaviour, etc... The brief conclusions are:
  • There are 300 dingoes on a 1500 km2 island - The probability that an adult gets attacked by several wild dogs is very low (you must be very lucky!)
  • I am aware of the danger and I can defend myself with my 2 walking sticks and I keep a tent peg as dagger in my pocket.
  • I follow all the advices: don't feed, don't get close, stand in front not show my back, don't provoke and defend aggressively if attacked.

The HEMA map 1:130.000 is plenty enough to walk on the island because the Great Walk track is marked and following the beach is easy. It can be a bit tricky to find the fastest walking track on the sandy bottom made by the 4WD.

Brief adventure log - Download here excel-file
I leave the hostel and hitch hike towards Inskip point. One hour later I am on the barge that drops all vehicles and I on the top South of Fraser island. Carrying 20 kg, I start walking North on a closed 4WD track towards Dili Village. I am astonished by the easiness of the walk on compact sand covered with decomposing vegetation. As usual, walking alone lets me see many animals like goannas over 80cm long. At Dili Village I follow the Great Walk and reach Lake Boomanjin as planned just before sunset. The next morning, I watch the sun rising in the mirror of the lake. A color scene I enjoy with my camera.


Without entering too much into details, the next walking days on the Great Walk are the same: easy walking trying to cover an average of 30km per day. Each night I talk to bushwalkers. We exchange experiences and they tell me they want to know if I will make it. One night, I reach the valley of the giants in the complete darkness. I interrupt a group of guided walkers who are just finishing their dessert. They propose me their Indian curry. I explain that my adventure is unsupported and decline the offer. I join their table and eat my food while they keep trying to offer me a dessert. I don’t refuse their smiles and kind encouragements.

Once the Great Walk is finished, I only have to follow the sand highway going north. I pass 4WDs, buses and even planes. Some drivers are quiet curious and slow down to my side to propose me a lift further. I kindly refuse any lift! I make a small wave with my finger to each vehicle passing me. Every Australian sent this back to me. This is a sign Australians answer with pleasure. This way of greeting is often used in the country where people are isolated.


During several meetings with aboriginal Queenslanders, I was told not to bathe in the sacred lakes of Fraser’s northern tip. A kind of curse but at the Dundubara aboriginal camping, I ask the owner about these warnings. She tells me actually only aboriginal people cannot bathe in these lakes and compliment me to be a different white man as I travel by foot. I promise her I won't swim in order to stay as close as possible to aboriginal traditions and beliefs. I am suddenly invited by a young boy on a private aboriginal path leading me back to the beach.

Indian head is the only rock formation on the island. It's where one can have a nice lookout over the junction between 2 colours of the ocean. The view from the top is incredible. There I take my longest break in order to spot whales, dolphins, sharks, turtles and rays. I am staring at the ocean when suddenly a completely unexpected event happens: a manta ray goes into a wave to take a jump out of the water. The entire body flew over the water for less than a second but it was just amazing. I understood why in the past they were called the devils of the seas by the first witnesses of this wonder.


At Orchid beach, I leave my contact details to Don, the manager of the little deli shop. I tell him I wish to finish my walk inland following the track I spotted on satellite images. He tells me there was a road before used by the army but it was closed for over 20 or 30 years. It must be overgrown by now and thus it would be very difficult to find something. I understood his concern and decided to plan 2 days instead of 1 to walk the remaining 30 km. I start searching for the forgotten road around Ocean Lake. An Aussie tourist tells me he’s coming here for decades and never heard about a road leading inland to the lighthouse. I go with my compass… and discover that the start of the track is just behind the toilets lake. These are blocking its access.

I follow the abandoned track and make a slow progression. As expected, it’s slow going through swampy vegetation as the track is swept by plants and trees. I got often lost and the only way to find water (a lake) is to climb the trees on the top of the hills. I discover that most of the lakes are completely dry, which forces me to drink slowly. The good side is that walking on dry and hard crust is easy.


Several places are real jungle where I have to pass through bush and thick vegetation woven by vines. Without machete, I end up either walking 50cm above the ground, either doing Thai boxing using my legs to untangles them from vines and small trees. My skin rapidly peels off and I bleed everywhere under my pants. After 3 days of dense jungle and pain, I haven’t much food and water left. The rage allows me to forget the pain and continue at a steady pace because I know I’m close to the beach on the Northern tip of the island.

I finally reach the beach, which makes me feel free and lightweight. From there it's an easy walk on the hard sand to the lighthouse and the Sandy Cape. The reward after such efforts is to finally accept a lift in a 4WD. I am pleased by the feeling of being the first to photograph these places almost unexplored. Three days have passed; Don was worried about me and offers me a fresh beer. In the distance we hear some tourists talking about a lonely guy they saw walking a few days ago along the island's beach.